Pascal Robaglia : Les galeries sont-elles devenues trop gourmandes ?

Pascal Robaglia dirige depuis plus de vingt ans une galerie qui rayonne dans tout l’île de France. Il a vu évoluer le marché de l’art et nous confie sa vision du marché.

Pourquoi les galeries prennent-elles une marge de plus en plus importantes par rapport à l’artiste ?

Pascal Robaglia :

Les galeries représentent et vendent des artistes qui ont des valeurs intrinsèques très inégales dont les œuvres sont, elles aussi, inégales tant au niveau pictural qu’au niveau des tailles et des formats, ces deux critères se combinant de façon irrationnelles. Pour vendre ou promouvoir leurs toiles et leurs artistes les galeries ont des frais considérables d’expositions, de promotions, de communication, de publicité, de locations de boutiques ou de stands dans les foires. Mais aussi les galeries ont besoin d’avoir du personnel qui coûte cher en salaires et en charges. A ces frais de personnel s’ajoutent des taxes variées et diverses qui d’ailleurs expliquent l’effondrement de la place de Paris au profit de capitales bien plus attractives comme Singapour, Londres, New York ou Hong-Kong. Là aussi l’État Français fait tout son « possible » pour décourager l’activité française. En France les galeries doivent supporter des taxes aussi inattendues que « La Maison des Artistes » ou que «  le droit de suite » .

Les marges sont le fruit de l’incertitude du marché ?

Pascal Robaglia :

Oui, en effet, les artistes ont des cotes variables dont les évolutions sont irrationnelles, inattendues et pas toujours facilement prévisibles. Partant, les investissements faits par les galeries sont parfois « juteux », parfois décevants voire coûteux. Tout ceci explique que les galeries pour vivre, ou survivre doivent impérativement prendre des marges ou des commissions importantes.

Quel regard jetez-vous sur ce métier de galeriste ?

Pascal Robaglia :

galerie Pascal RobagliaL’ activité de galeriste fait rêver mais il y a beaucoup plus d’appelés que d’élus. On constate que leur nombre diminue au fil du temps et que les galeries importantes résistent plus facilement. Nous connaissons tous de grandes galeries, admirablement situées, qui semblaient prospères  et qui se sont effondrées en quelques mois. De façon générale, on peut dire que c’est une activité dangereuse, notamment avec les problèmes de droit et de justice inhérents à l’activité, fragile, délicate et incertaine. Même si c’est aussi une activité qui, parfois, brille et peut permettre de gagner de l’argent – tout en sachant que les lendemains peuvent déchanter très rapidement.

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